Mbour
Une vraie ville de pêche : trois cents pirogues qui rentrent à quinze heures, un marché qui ne ferme pas, et la plage juste derrière.
- Famille
- Plage
Mbour ne vit pas du tourisme, elle vit du poisson. C'est l'un des plus grands quais de pêche artisanale du Sénégal, et à partir de quinze heures c'est le seul endroit où aller : deux ou trois cents pirogues peintes rentrent par la barre, les jeunes portent les caisses à l'épaule dans l'eau jusqu'aux cuisses, les mareyeuses crient les prix, les glacières partent vers Dakar avant la nuit. Le sable est noir de monde et de sardinelles ; l'odeur ne quitte pas vos chaussures.
À côté, le marché central occupe tout un quadrilatère : légumes, bissap, gombo séché, tissus, quincaillerie, et les femmes qui fument le poisson dans les fumoirs de Tefess. La ville est serère et wolof, commerçante, bruyante à midi, calme à quatorze heures quand la chaleur gagne. On y mange le thiéboudieune évidemment, mais aussi le yeet et le guedj — coquillage et poisson fermentés — que les gargotes du quai servent sans prévenir les visiteurs.
Mbour est à six kilomètres de Saly et à quarante de Joal-Fadiouth, où l'on marche sur une île de coquillages et où le cimetière mixte réunit tombes musulmanes et chrétiennes. C'est cette position qui en fait un bon camp de base familial : les plages du sud de la ville sont larges et peu construites, le logement coûte moins cher que dans la station voisine, et les commerces sont ceux d'une vraie ville — pharmacie ouverte, banque, mécanicien, marché tous les jours.
Ce qu'il ne faut pas attendre : des trottoirs, du calme au bord de la route nationale, ou une plage privée. Mbour partage son littoral avec ses pêcheurs, et c'est ce qui la rend intéressante.
Mbour est aussi une ville de départs. Depuis vingt ans, des pirogues surchargées quittent cette côte pour les Canaries, et beaucoup de familles des quartiers de pêcheurs ont quelqu'un parti par la mer. On ne vous en parlera pas le premier jour ; on vous en parlera le troisième, autour du thé, et vous entendrez alors ce que le mot « retour » veut dire ici. C'est aussi pour cela que les maisons se construisent étage par étage, sur dix ans, avec l'argent envoyé d'Espagne ou d'Italie — la moitié des chantiers que vous verrez en ville sont des maisons de diaspora.
Comment s'y rendre
Depuis l'AIBD : 40 km, 40 à 50 min par la route de Sindia puis la nationale 1. Depuis Dakar centre : 80 km, 1 h 30 par l'autoroute à péage, davantage le vendredi soir et les veilles de fête. Les « sept places » Dakar-Mbour partent des Baux Maraîchers toute la journée dès qu'elles sont pleines (environ 2 500 F, 2 h avec les arrêts) et vous déposent à la gare routière, à dix minutes à pied du marché. Saly est à 6 km, 10 min de taxi pour 2 000 F ; Joal-Fadiouth à 45 min de route vers le sud.
Moments à venir
La saison de la Petite Côte, de novembre à mai
Du 1 novembre 2026 au 31 mai 2027
Sur la Petite Côte, la saison utile va de novembre à mai, et l'écart avec le reste de l'année n'est pas une nuance. De novembre à mai : pas de pluie, vingt-cinq à trente degrés, une mer entre vingt et vingt-six degrés, un vent de nord-ouest qui tombe le soir, et des moustiques rares. De juillet à septembre : l'hivernage, des orages courts et violents, une humidité qui colle, et la moitié des adresses de Saly fermées pour travaux.
C'est donc entre novembre et mai que tout se passe. Les sorties de pêche au gros partent tous les matins de Saly et de Mbour ; les pirogues montent la lagune de la Somone à marée haute ; la réserve de Bandia se visite sans boue ; les marchés de Mbour tournent à plein ; et les couchers de soleil, plein ouest, sont à la même heure tous les soirs à dix minutes près.
Deux pics à connaître : la période des fêtes, du 15 décembre au 5 janvier, où les hébergements de Saly affichent complet et les prix montent, et les vacances scolaires françaises de février, pour la même raison. Les meilleures semaines pour venir tranquille sont celles de novembre, de mars et de mai — même mer, même soleil, moitié moins de monde.
Décembre : le mois où tout le monde rentre
Du 1 décembre au 31 décembre 2026
En décembre, le Sénégal change de composition. Les vols de Paris, Milan, Madrid, New York et Casablanca arrivent pleins, les familles vont chercher les leurs à l'AIBD à trois heures du matin, et les maisons se remplissent de valises de cadeaux. C'est le mois des mariages — il s'en célèbre plus en décembre qu'en six mois ordinaires — des baptêmes reportés jusqu'au retour de l'oncle de Milan, des inaugurations de maisons construites à distance pendant cinq ans, et des retrouvailles qu'on prépare depuis l'été.
Concrètement, cela veut dire trois choses. Les prix des billets d'avion doublent à partir de la mi-décembre. Les chambres se réservent tôt, surtout à Dakar, à Saly et dans les villes d'origine des familles. Et les routes sont chargées les week-ends, en particulier les axes Dakar-Touba, Dakar-Kaolack et Dakar-Saint-Louis.
C'est aussi le meilleur moment de l'année pour être ici. Le temps est sec, il fait vingt-cinq degrés, la mer est encore bonne, et les soirées de tam-tam dans les cours ne s'arrêtent jamais avant deux heures du matin. Si vous logez quelqu'un qui rentre — une mère, un frère, des cousins de passage — c'est le mois où l'on n'oublie pas le nombre de lits.
Tabaski : le mouton, la famille, la route
Du 15 mai au 18 mai 2027
La Tabaski — l'Aïd el-Kébir — tombe le 10 du mois de Dhoul-Hijja, soit autour du dimanche 16 mai 2027. Au Sénégal, la date exacte est annoncée quelques jours avant par les autorités religieuses, et il arrive que le pays célèbre sur deux jours : cela s'est encore produit ces dernières années, et personne n'en fait un drame.
C'est la fête la plus importante de l'année. Chaque chef de famille qui le peut achète un mouton — les prix montent depuis des semaines, les points de vente s'installent sur les terrains vagues de Dakar, et la conversation nationale porte sur le cours du bélier. La veille, les tailleurs livrent en catastrophe les tenues cousues au marché HLM. Le jour même : prière du matin en plein air, sacrifice, découpe, grillades toute la journée, visites aux voisins et aux aînés, et la formule que l'on répète de maison en maison pour demander pardon.
Pour un voyageur : les transports sont pris d'assaut trois jours avant — tout le monde rentre au village — les banques et les administrations ferment, beaucoup de restaurants aussi, et les taxis sont rares le matin de la fête. En revanche, si vous êtes hébergé chez quelqu'un, vous mangerez comme jamais.
Les quartiers de Mbour
Séjours à Mbour
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