Popenguine
Une falaise, une réserve tenue par les femmes du village, et le sanctuaire marial le plus fréquenté du pays.
- Nature
- Pèlerinage
- Famille
Popenguine est un village de deux mille habitants coincé entre une falaise ocre et une baie, à mi-chemin entre Dakar et Mbour, et c'est l'un des rares endroits de la Petite Côte où l'on entend la mer plutôt que la sono du voisin. La falaise est classée : la réserve naturelle communautaire, créée en 1986 et gérée depuis par les groupements de femmes du village, protège un peu plus de mille hectares de savane arbustive où nichent des dizaines d'espèces d'oiseaux et où l'on marche seul pendant deux heures.
L'autre Popenguine est catholique. Le sanctuaire de Notre-Dame de la Délivrance, en haut du village, est le premier lieu de pèlerinage marial du Sénégal : chaque lundi de Pentecôte, des dizaines de milliers de pèlerins arrivent à pied, certains partis de Dakar deux jours plus tôt, et le village triple de taille pour quarante-huit heures. Le reste de l'année, l'esplanade est vide et la statue regarde la baie.
Le quotidien est modeste et lent. Les pirogues sortent au petit matin depuis la plage du village ; les femmes de la réserve tiennent un campement et un jardin ; on achète le pain à la boutique du carrefour et le poisson directement au retour de la pêche. La baie de Somone, ses palétuviers et ses oiseaux sont à vingt minutes au sud ; Ndayane, à trois kilomètres, voit se construire le futur port en eau profonde, ce qui changera le paysage et qu'il vaut mieux savoir avant de réserver une chambre avec vue.
Venez pour marcher sur la falaise au lever du jour, pour le silence, et pour une plage où l'on tient encore une conversation à voix normale.
Popenguine est aussi un village de résidences secondaires sénégalaises : beaucoup de familles de Dakar y ont une maison fermée onze mois sur douze, ouverte à Pâques et en décembre. Cela donne un rythme étrange — des rues vides en semaine, des cours pleines de cousins le week-end de Pâques. Deux points pratiques : prévoyez des espèces, aucun commerce du village ne prend la carte, et faites vos courses au marché de Sindia ou de la Somone, car le village n'a que des boutiques de dépannage. Les pharmacies les plus proches sont à Ndayane et à Somone.
Comment s'y rendre
Depuis l'AIBD : 25 km, 25 à 30 min par la nationale 1 puis la route de Popenguine à hauteur de Sindia. Depuis Dakar centre : 70 km, 1 h 15 par l'autoroute à péage hors pointe. Les cars et « sept places » vers Mbour vous déposent au carrefour de Sindia, d'où il reste 8 km en taxi-clando (1 000 à 2 000 F). Saly est à 25 min, la lagune de la Somone à 20 min. Attention le lundi de Pentecôte : la route du village est saturée et fermée par endroits pour le pèlerinage — arrivez la veille ou passez par la piste de Ndayane.
Moments à venir
La saison de la Petite Côte, de novembre à mai
Du 1 novembre 2026 au 31 mai 2027
Sur la Petite Côte, la saison utile va de novembre à mai, et l'écart avec le reste de l'année n'est pas une nuance. De novembre à mai : pas de pluie, vingt-cinq à trente degrés, une mer entre vingt et vingt-six degrés, un vent de nord-ouest qui tombe le soir, et des moustiques rares. De juillet à septembre : l'hivernage, des orages courts et violents, une humidité qui colle, et la moitié des adresses de Saly fermées pour travaux.
C'est donc entre novembre et mai que tout se passe. Les sorties de pêche au gros partent tous les matins de Saly et de Mbour ; les pirogues montent la lagune de la Somone à marée haute ; la réserve de Bandia se visite sans boue ; les marchés de Mbour tournent à plein ; et les couchers de soleil, plein ouest, sont à la même heure tous les soirs à dix minutes près.
Deux pics à connaître : la période des fêtes, du 15 décembre au 5 janvier, où les hébergements de Saly affichent complet et les prix montent, et les vacances scolaires françaises de février, pour la même raison. Les meilleures semaines pour venir tranquille sont celles de novembre, de mars et de mai — même mer, même soleil, moitié moins de monde.
Décembre : le mois où tout le monde rentre
Du 1 décembre au 31 décembre 2026
En décembre, le Sénégal change de composition. Les vols de Paris, Milan, Madrid, New York et Casablanca arrivent pleins, les familles vont chercher les leurs à l'AIBD à trois heures du matin, et les maisons se remplissent de valises de cadeaux. C'est le mois des mariages — il s'en célèbre plus en décembre qu'en six mois ordinaires — des baptêmes reportés jusqu'au retour de l'oncle de Milan, des inaugurations de maisons construites à distance pendant cinq ans, et des retrouvailles qu'on prépare depuis l'été.
Concrètement, cela veut dire trois choses. Les prix des billets d'avion doublent à partir de la mi-décembre. Les chambres se réservent tôt, surtout à Dakar, à Saly et dans les villes d'origine des familles. Et les routes sont chargées les week-ends, en particulier les axes Dakar-Touba, Dakar-Kaolack et Dakar-Saint-Louis.
C'est aussi le meilleur moment de l'année pour être ici. Le temps est sec, il fait vingt-cinq degrés, la mer est encore bonne, et les soirées de tam-tam dans les cours ne s'arrêtent jamais avant deux heures du matin. Si vous logez quelqu'un qui rentre — une mère, un frère, des cousins de passage — c'est le mois où l'on n'oublie pas le nombre de lits.
Tabaski : le mouton, la famille, la route
Du 15 mai au 18 mai 2027
La Tabaski — l'Aïd el-Kébir — tombe le 10 du mois de Dhoul-Hijja, soit autour du dimanche 16 mai 2027. Au Sénégal, la date exacte est annoncée quelques jours avant par les autorités religieuses, et il arrive que le pays célèbre sur deux jours : cela s'est encore produit ces dernières années, et personne n'en fait un drame.
C'est la fête la plus importante de l'année. Chaque chef de famille qui le peut achète un mouton — les prix montent depuis des semaines, les points de vente s'installent sur les terrains vagues de Dakar, et la conversation nationale porte sur le cours du bélier. La veille, les tailleurs livrent en catastrophe les tenues cousues au marché HLM. Le jour même : prière du matin en plein air, sacrifice, découpe, grillades toute la journée, visites aux voisins et aux aînés, et la formule que l'on répète de maison en maison pour demander pardon.
Pour un voyageur : les transports sont pris d'assaut trois jours avant — tout le monde rentre au village — les banques et les administrations ferment, beaucoup de restaurants aussi, et les taxis sont rares le matin de la fête. En revanche, si vous êtes hébergé chez quelqu'un, vous mangerez comme jamais.
Les quartiers de Popenguine
Séjours à Popenguine
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