STAYIN

Thiès

La ville du rail et de la tapisserie, à la croisée de toutes les routes du pays — et à trente minutes de l'aéroport.

Bon pour
  • Affaires
  • Famille

Thiès est la ville où toutes les routes se croisent : celle de Dakar, celle de Saint-Louis, celle de Touba, celle de Mbour. On y passe, et c'est précisément pour cela qu'elle existe sous cette forme — c'est le chemin de fer qui l'a faite. Le dépôt et les ateliers du Dakar-Niger y ont employé des milliers d'hommes, et c'est ici qu'a commencé la grève des cheminots de 1947-1948, celle qu'Ousmane Sembène a racontée dans « Les Bouts de bois de Dieu ». La gare est toujours là, ses hangars aussi, et les anciens vous diront à quelle heure passait le train pour Kayes.

L'autre héritage tient dans un bâtiment discret du centre : les Manufactures Sénégalaises des Arts Décoratifs, créées en 1966 autour de Papa Ibra Tall. On y tisse encore à la main, sur des métiers de basse lisse, des tapisseries dessinées par des artistes sénégalais, et l'atelier se visite — la salle sent la laine et le bois, et une pièce demande plusieurs mois de travail à deux ou trois lissières.

Pour le reste, Thiès est une ville de province active et vivable : le marché central et le marché de Nguinth, la cathédrale Sainte-Anne, l'université Iba-Der-Thiam, une garnison, des ateliers de mécanique le long de la route de Dakar, et des maisons à cour où l'on dort mieux qu'en ville côtière parce qu'il n'y a ni humidité ni moustiques de mangrove. Les prix y sont ceux d'une ville qui ne vit pas du visiteur.

C'est le meilleur camp de base pour l'intérieur : la réserve de Bandia est à trente minutes, Tivaouane à vingt-cinq, Touba à deux heures, et l'aéroport à une demi-heure — ce qui en fait aussi, très simplement, une adresse de dernière nuit avant un vol du matin.

Le soir, la ville se resserre sur deux ou trois axes : la route de Dakar et ses restaurants, les abords de la gare, quelques terrasses. On dîne à vingt heures et à vingt-trois il n'y a plus grand monde dehors. Pour un voyageur, cela veut dire des nuits réellement silencieuses à moins d'une heure de Dakar, ce qui n'existe nulle part ailleurs à cette distance. Ajoutez-y le climat : à quarante kilomètres de la côte, l'air est sec, les nuits sont fraîches de décembre à février, et l'on dort sans climatisation la moitié de l'année.

Comment s'y rendre

Depuis l'AIBD : 30 km, 30 min par la route de Thiès. C'est l'argument à retenir pour un vol tôt le matin. Depuis Dakar centre : 70 km, 1 h 15 par l'autoroute à péage, 2 h aux heures de pointe du soir. Les « sept places » Dakar-Thiès partent des Baux Maraîchers en continu (environ 2 000 F, 1 h 30). Depuis Thiès : Tivaouane 25 min, Touba 2 h par l'autoroute Ila Touba, Saint-Louis 3 h 30 par la nationale 2, Saly 45 min. Dans la ville, taxi urbain 500 à 1 500 F la course.

Moments à venir

  • Décembre : le mois où tout le monde rentre

    Du 1 décembre au 31 décembre 2026

    En décembre, le Sénégal change de composition. Les vols de Paris, Milan, Madrid, New York et Casablanca arrivent pleins, les familles vont chercher les leurs à l'AIBD à trois heures du matin, et les maisons se remplissent de valises de cadeaux. C'est le mois des mariages — il s'en célèbre plus en décembre qu'en six mois ordinaires — des baptêmes reportés jusqu'au retour de l'oncle de Milan, des inaugurations de maisons construites à distance pendant cinq ans, et des retrouvailles qu'on prépare depuis l'été.

    Concrètement, cela veut dire trois choses. Les prix des billets d'avion doublent à partir de la mi-décembre. Les chambres se réservent tôt, surtout à Dakar, à Saly et dans les villes d'origine des familles. Et les routes sont chargées les week-ends, en particulier les axes Dakar-Touba, Dakar-Kaolack et Dakar-Saint-Louis.

    C'est aussi le meilleur moment de l'année pour être ici. Le temps est sec, il fait vingt-cinq degrés, la mer est encore bonne, et les soirées de tam-tam dans les cours ne s'arrêtent jamais avant deux heures du matin. Si vous logez quelqu'un qui rentre — une mère, un frère, des cousins de passage — c'est le mois où l'on n'oublie pas le nombre de lits.

  • Tabaski : le mouton, la famille, la route

    Du 15 mai au 18 mai 2027

    La Tabaski — l'Aïd el-Kébir — tombe le 10 du mois de Dhoul-Hijja, soit autour du dimanche 16 mai 2027. Au Sénégal, la date exacte est annoncée quelques jours avant par les autorités religieuses, et il arrive que le pays célèbre sur deux jours : cela s'est encore produit ces dernières années, et personne n'en fait un drame.

    C'est la fête la plus importante de l'année. Chaque chef de famille qui le peut achète un mouton — les prix montent depuis des semaines, les points de vente s'installent sur les terrains vagues de Dakar, et la conversation nationale porte sur le cours du bélier. La veille, les tailleurs livrent en catastrophe les tenues cousues au marché HLM. Le jour même : prière du matin en plein air, sacrifice, découpe, grillades toute la journée, visites aux voisins et aux aînés, et la formule que l'on répète de maison en maison pour demander pardon.

    Pour un voyageur : les transports sont pris d'assaut trois jours avant — tout le monde rentre au village — les banques et les administrations ferment, beaucoup de restaurants aussi, et les taxis sont rares le matin de la fête. En revanche, si vous êtes hébergé chez quelqu'un, vous mangerez comme jamais.

Les quartiers de Thiès

Séjours à Thiès

Aucun logement à Thiès pour le moment

Revenez bientôt : nos hôtes ajoutent régulièrement de nouvelles annonces.