Médina
Un damier de rues numérotées tracé en 1914, le marché Tilène, la Grande Mosquée et des sabars dans la rue les soirs de baptême.
- Famille
- Fête
La Médina est née d'une décision coloniale : en 1914, l'épidémie de peste sert de prétexte à déplacer la population africaine hors du Plateau, et l'on trace au cordeau, au nord de la ville européenne, un damier de rues numérotées. Ce damier est toujours là, et c'est ce qui rend le quartier si facile à parcourir à pied : les rues paires vont dans un sens, les impaires dans l'autre, et l'on se repère en trois minutes.
Ce qui a changé, c'est la densité. La Médina est aujourd'hui l'un des quartiers les plus peuplés de Dakar, avec des maisons à cour où vivent trois générations, des boutiques tous les vingt mètres, des ateliers de couture, des mécaniciens, et le marché Tilène qui déborde sur la chaussée du matin au soir. La Grande Mosquée, inaugurée en 1964, ferme la perspective de l'allée Papa-Guèye-Fall ; le vendredi à quatorze heures, les fidèles prient jusque sur le trottoir et la circulation s'arrête d'elle-même.
C'est aussi le quartier de la musique. Le Thiossane, le club de Youssou Ndour, est ici, et le mbalax y a été inventé autant sur les scènes que dans les cours : les soirs de baptême ou de mariage, les percussionnistes montent les sabars dans la rue, la ruelle se ferme, et le quartier danse jusqu'à deux heures du matin sans que personne n'appelle la police.
Pour un visiteur, la Médina est l'endroit où l'on comprend le rythme de Dakar : le muezzin, l'atelier, le marché, les enfants qui reviennent de l'école en tablier, le thé de dix-sept heures. Ce n'est ni calme ni climatisé. C'est le centre, et le Plateau est à quinze minutes à pied.
À la Médina, tout s'achète dans la rue : le café Touba du matin au coin, le pain à la boutique, le poisson à Tilène, le crédit téléphonique à un gamin qui tient une pile de cartes, et la glace en sachet chez la voisine. Rien ne ferme avant vingt-trois heures. La contrepartie tient en une phrase : c'est bruyant. Deux marchés, une avenue, des ateliers de menuiserie qui commencent à sept heures, et des enfants dans les rues jusqu'à la nuit. Prenez une chambre sur cour si vous avez le sommeil léger.
Comment s'y rendre
Depuis l'AIBD : 45 km, 50 min à 1 h 15 par l'autoroute, sortie Plateau ou Colobane. Depuis le Plateau : 2 km, 15 min à pied par l'avenue Blaise-Diagne, 5 à 15 min en taxi pour 1 000 à 1 500 F. Le BRT s'arrête à Petersen, en bordure du quartier, et les minibus passent sur toutes les grandes allées. Le port et l'embarcadère de Gorée sont à 20 min à pied, le marché HLM à 15 min de taxi. En voiture, entrez par les allées et pas par les ruelles numérotées : elles sont souvent occupées par un atelier, une réunion de famille ou une cérémonie.

