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Dakar

Une capitale posée sur une presqu'île : d'un côté l'océan, de l'autre le marché, et rarement plus de vingt minutes entre les deux.

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Dakar tient sur une presqu'île de vingt kilomètres, et c'est la première chose à comprendre : l'océan n'est jamais à plus de vingt minutes, mais ces vingt minutes en durent soixante quand la VDN est prise. La ville commence au Plateau, avec la place de l'Indépendance, les ministères et le marché Kermel, halle ronde de 1860 où les vendeuses de fleurs connaissent le prénom des habitués. Elle continue par la Médina, tracée au cordeau en 1914, ses rues numérotées, sa Grande Mosquée et ses allées bordées d'ateliers de couture. Elle finit aux Almadies, pointe la plus occidentale du continent africain, où l'on mange le thiof grillé les pieds dans le sable.

Entre les deux, il y a la Corniche Ouest : quelques kilomètres de bitume au-dessus de la mer où tout Dakar court à partir de dix-huit heures, maillots de clubs de quartier, groupes de femmes en marche rapide, vendeurs de café Touba au poivre de Guinée installés tous les cinq cents mètres. Il y a le quai de Soumbédioune, où les pirogues rentrent en fin d'après-midi et où le poisson se négocie encore mouillé. Il y a Gorée, à vingt minutes de chaloupe depuis le port, dont on revient plus silencieux qu'à l'aller.

Ce qui frappe d'abord, c'est le son : le muezzin avant l'aube, les klaxons du Front de Terre, le mbalax qui sort des boutiques de la Médina, le tintement de la théière quand quelqu'un lance les trois tours d'attaya. Ce qui reste, c'est la table — thiéboudieune du mardi, yassa au citron confit, dibi de mouton grillé le soir sur un trottoir de Liberté 6.

Dakar travaille : c'est le port, les sièges, les ministères, les conférences de Diamniadio, et depuis 2024 un BRT qui traverse la ville de Guédiawaye à Petersen. Mais elle se vit surtout le dimanche, quand les familles descendent à la plage de Yoff et que les lutteurs s'entraînent sur le sable. On ne fait pas Dakar en trois jours ; on en fait un quartier, et c'est déjà beaucoup.

Comment s'y rendre

Depuis l'aéroport Blaise-Diagne (AIBD, à Diass) : 47 km jusqu'au Plateau par l'autoroute à péage, 45 min à 1 h 15 selon l'heure — comptez 20 à 30 min de plus entre 17 h et 20 h, et autant le vendredi soir. Péage 3 000 F pour une voiture légère (1 400 F Dakar-Diamniadio + 1 600 F Diamniadio-AIBD). Taxi officiel de l'aéroport 25 000 à 35 000 F selon le quartier ; négociez avant de monter, le compteur n'existe pas. Dans Dakar, un trajet Plateau-Almadies prend 25 min à vide et 1 h à 18 h ; le BRT (Guédiawaye-Petersen) et le TER (gare de Dakar-Diamniadio) évitent les deux bouchons les plus sûrs.

Moments à venir

  • Les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar

    Du 31 octobre au 13 novembre 2026

    Du 31 octobre au 13 novembre 2026, le Sénégal accueille les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés sur le continent africain. Environ deux mille sept cents athlètes de moins de dix-huit ans, vingt-cinq sports, cent cinquante-trois épreuves, et trois sites : Dakar, Diamniadio et Saly. Les compétitions de plage — beach-volley, beach-wrestling — se tiennent sur la Petite Côte ; l'athlétisme, la natation et les sports de salle se répartissent entre le stade Iba-Mar-Diop, le complexe de Diamniadio et les installations de la capitale.

    Ce qu'il faut savoir si vous voyagez pendant ces deux semaines : les hébergements de Dakar et de Saly se réservent des mois à l'avance, les axes Dakar-Diamniadio et Dakar-AIBD seront chargés aux heures de compétition, et le TER ainsi que le BRT tourneront à plein. En échange, la ville est en fête, les épreuves de rue sont gratuites, et le pays entier regarde ses lutteurs et ses sprinteurs.

    Si vous venez pour les Jeux, prenez une chambre à proximité de votre site plutôt qu'au centre : entre Saly et Dakar, il y a quatre-vingts kilomètres et, certains soirs, deux heures de route.

  • Dak'Art, la Biennale de l'art africain contemporain

    Du 19 novembre au 19 décembre 2026

    Du 19 novembre au 19 décembre 2026, Dakar accueille la seizième Biennale de l'art africain contemporain, sur le thème « (Anti)fragilité ». L'exposition internationale occupe l'ancien Palais de justice du Cap Manuel, immense bâtiment vide devenu au fil des éditions le lieu le plus photographié de la Biennale, et le musée des Civilisations noires prend une partie de la programmation officielle.

    Mais Dak'Art, c'est surtout le OFF : plusieurs centaines d'expositions montées par les galeries, les ateliers, les instituts culturels, les restaurants et les particuliers, dans toute la ville et parfois dans un salon. Pendant un mois, une carte du OFF circule de main en main, on va voir trois vernissages dans la soirée, et les artistes du Village des Arts ouvrent leurs ateliers.

    Pratiquement : les hôtels du Plateau et des Almadies affichent complet la semaine d'ouverture, beaucoup moins ensuite — venez début décembre si vous préférez regarder les œuvres sans la foule. La plupart des expositions sont gratuites, et l'on peut faire une journée entière de Biennale à pied entre le Plateau et Point E.

  • Décembre : le mois où tout le monde rentre

    Du 1 décembre au 31 décembre 2026

    En décembre, le Sénégal change de composition. Les vols de Paris, Milan, Madrid, New York et Casablanca arrivent pleins, les familles vont chercher les leurs à l'AIBD à trois heures du matin, et les maisons se remplissent de valises de cadeaux. C'est le mois des mariages — il s'en célèbre plus en décembre qu'en six mois ordinaires — des baptêmes reportés jusqu'au retour de l'oncle de Milan, des inaugurations de maisons construites à distance pendant cinq ans, et des retrouvailles qu'on prépare depuis l'été.

    Concrètement, cela veut dire trois choses. Les prix des billets d'avion doublent à partir de la mi-décembre. Les chambres se réservent tôt, surtout à Dakar, à Saly et dans les villes d'origine des familles. Et les routes sont chargées les week-ends, en particulier les axes Dakar-Touba, Dakar-Kaolack et Dakar-Saint-Louis.

    C'est aussi le meilleur moment de l'année pour être ici. Le temps est sec, il fait vingt-cinq degrés, la mer est encore bonne, et les soirées de tam-tam dans les cours ne s'arrêtent jamais avant deux heures du matin. Si vous logez quelqu'un qui rentre — une mère, un frère, des cousins de passage — c'est le mois où l'on n'oublie pas le nombre de lits.

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