Liberté 6
Des blocs SICAP, des cours d'immeubles, et les meilleures dibiteries de trottoir de la presqu'île.
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Liberté 6 est un quartier de blocs et de familles, construit par la SICAP dans les années 1970 pour loger la classe moyenne salariée, et resté exactement cela. Les rues portent des numéros, les immeubles ont trois étages et une cour, les enfants jouent au foot entre les voitures garées, et tout le monde connaît le boutiquier — celui de la boutique du coin, ouverte de six heures à minuit, qui fait crédit sur un carnet.
On y vient pour manger. Le soir, les dibiteries s'installent sur les trottoirs du Front de Terre et de la VDN : mouton découpé au couteau, oignons, moutarde, pain, cinq mille francs pour trois personnes, et une file d'attente jusqu'à vingt-trois heures. Le marché de Liberté 6, plus modeste que celui de Castors à côté, suffit pour le poisson du jour et les légumes. Les fast-foods et les salons de thé de la VDN prennent le relais après.
Le quartier est aussi une adresse pratique : c'est le milieu de la presqu'île, ce qui veut dire vingt minutes du Plateau, quinze des Almadies, dix de l'aéroport militaire et du stade Léopold-Sédar-Senghor, avec la VDN et le Front de Terre pour sortir dans les deux sens. Les bureaux ont commencé à s'y installer dans des villas transformées, et les pharmacies de garde y sont nombreuses.
Ce n'est pas un quartier joli et il ne prétend rien : pas de vue, peu d'arbres, du bruit de circulation, des coupures d'eau en saison chaude. C'est un quartier où l'on vit vraiment, à un prix qui n'a rien à voir avec la corniche, et où un voyageur seul ou une famille passeront inaperçus au bon sens du terme.
Le week-end, les cours d'immeuble deviennent des salles de fête : bâches tendues, chaises en plastique louées à la centaine, sono posée sur un tabouret, et un mouton dans la cour depuis le matin pour un baptême. Si vous logez ici un samedi, vous serez invité — refusez poliment deux fois, acceptez la troisième, c'est le protocole, et l'on vous servira avant les autres parce que vous êtes l'étranger. Le quartier compte aussi beaucoup d'écoles et de cliniques privées, ce qui explique la circulation entre sept et huit heures.
Comment s'y rendre
Depuis l'AIBD : 48 km, 50 min à 1 h 15 par l'autoroute puis la sortie Front de Terre. Depuis le Plateau : 8 km, 20 à 40 min selon l'heure ; taxi 2 000 à 3 000 F. Le quartier est traversé par deux axes majeurs, la VDN et le Front de Terre, donc desservi par les bus Dakar Dem Dikk et par des minibus toutes les cinq minutes ; les Almadies sont à 15 min, Ouakam à 10, le marché HLM à 15. Le revers, ce sont les bouchons : entre 7 h 30 et 9 h, la VDN vers le Plateau se fait au pas.

