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Yoff

Trois kilomètres de plage à pirogues, le mausolée layène au bord de l'eau, et un village lébou qui gère encore ses propres règles.

Bon pour
  • Plage
  • Pèlerinage
  • Famille

Yoff est un village lébou de pêcheurs devenu un quartier de cent mille habitants sans cesser d'être un village. La plage en est le centre : trois kilomètres de sable où les pirogues sont alignées par dizaines, où le poisson se vend dès le retour de mer, où les lutteurs s'entraînent en fin d'après-midi et où des familles entières viennent marcher le dimanche. On y joue au football sur le sable dur à marée basse, et personne ne compte les buts.

Yoff est aussi une capitale religieuse. C'est ici, à Yoff Layène, qu'est né et qu'est enterré Seydina Limamou Laye, fondateur de la confrérie layène en 1883 ; son mausolée blanc, au bord de l'eau, reçoit toute l'année des visiteurs, et l'Appel de Seydina Limamou rassemble chaque année des dizaines de milliers de fidèles en habit blanc. Le cimetière marin, juste à côté, descend jusqu'au sable.

La communauté lébou tient toujours le quartier par ses institutions propres — le conseil des notables, les règles de partage de la mer — et pratique le ndeup, cérémonie de guérison au tambour qui dure parfois plusieurs jours et qu'on n'observe pas en touriste sans y être invité.

Pour un séjour, Yoff a deux atouts concrets : la plage à pied, et l'aéroport militaire hérité de l'ancien Léopold-Sédar-Senghor qui a laissé au quartier des accès routiers larges. Les inconvénients sont ceux d'un village dense : ruelles sableuses, eau parfois capricieuse, et une plage qui n'est ni surveillée ni toujours propre en fin de journée.

Yoff est aussi l'entrée nord de la ville, et cela se sent : les axes qui montent vers la VDN sont chargés le matin, et les vendeurs de poisson séché, de mangues et de charbon occupent les carrefours toute la journée. Le dimanche matin, la plage devient un stade — clubs de lutte, footballeurs de tous âges, marcheurs, familles entières venues manger sur le sable — et c'est le meilleur moment pour comprendre le quartier. Prévoyez des chaussures fermées pour les ruelles : le sable y est partout, y compris dans les maisons.

Comment s'y rendre

Depuis l'AIBD : 53 km, 1 h à 1 h 20 par l'autoroute puis la VDN et la route de Yoff. Depuis le Plateau : 15 km, 30 min à vide, 1 h aux heures de pointe ; taxi 3 000 à 4 000 F. Les bus Dakar Dem Dikk desservent Yoff par la route de l'aéroport et par la VDN. Les Almadies sont à 10 min, Ngor à 5, Mermoz à 20. Dans le village, beaucoup de ruelles sont sableuses et non goudronnées : un taxi ordinaire vous déposera à l'entrée du quartier, pas devant la porte.

Séjours à Yoff