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Île Nord

Des rues du XVIIIe siècle, des maisons à galeries de bois, le pont de 1897 au bout — et le fleuve des deux côtés à la fois.

Bon pour
  • Famille
  • Fête
  • Nature

L'île Nord, c'est la moitié haute de l'île de Saint-Louis, celle où l'on débouche en arrivant du pont Faidherbe. Les rues y sont droites, étroites, tracées au XVIIIe siècle, bordées de maisons à deux étages avec galeries de bois, persiennes et cours intérieures où poussent des bougainvilliers ; beaucoup ont été restaurées depuis le classement Unesco de 2000, d'autres attendent, portes ouvertes sur des murs qui tiennent par habitude.

C'est le quartier des institutions et des hôtels historiques. L'hôtel de la Poste, à la sortie du pont, a hébergé les pilotes de l'Aéropostale qui faisaient escale ici entre Toulouse et Dakar — Jean Mermoz y avait sa chambre, et le bar n'a pas changé de comptoir. Autour : la place Faidherbe, la gouvernance, les écoles, les galeries d'art, les cafés où l'on prend le petit-déjeuner à sept heures avant que la chaleur ne monte.

Le soir, l'île Nord se vit au ralenti : la lumière tombe sur les façades ocre, les calèches passent au pas, les enfants jouent au foot sur les places, et l'on entend le fleuve des deux côtés à la fois. En décembre, les fanals — grandes lanternes de papier construites par les quartiers — défilent dans ces rues à Noël, une tradition héritée des signares du XIXe siècle.

Tout est à pied : le pont, les deux rives, Guet Ndar en face, les restaurants et le marché. Une voiture n'y sert qu'à se garer mal.

Les maisons anciennes ont des plafonds de quatre mètres et des persiennes de bois : il y fait frais l'après-midi sans climatisation, et bruyant le soir, parce que le son passe d'une cour à l'autre comme si les murs n'existaient pas. C'est le compromis de l'île, et les habitués le prennent volontiers. Pour le reste, les restaurants et les galeries tiennent en trois rues, le petit marché de l'île complète celui de Sor pour l'ordinaire, et les calèches remplacent les taxis sur les trajets courts, pour cinq cents francs et à la vitesse d'un cheval qui a chaud.

Comment s'y rendre

Depuis Dakar : 265 km, 4 h 30 par l'autoroute jusqu'à Thiès puis la nationale 2 via Louga ; les bus et « sept places » des Baux Maraîchers vous déposent à la gare routière de Sor, sur le continent, à 10 min de taxi de l'île (1 000 à 1 500 F). Depuis l'AIBD, 4 h par le même axe sans entrer dans Dakar. Air Sénégal relie Dakar à Saint-Louis en 45 min, quelques rotations par semaine. Sur l'île, tout se fait à pied ou en calèche ; Guet Ndar est à 10 min à pied par le pont Moustapha-Malick-Gaye, le parc du Djoudj à 1 h de route.

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