Bord du lac
Des collines de sel sur trois cents mètres de rive, les récolteurs dans l'eau dès huit heures, et l'océan derrière les dunes.
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La rive du lac Retba est une bande étroite entre l'eau salée et les dunes, et tout s'y passe sur trois cents mètres. D'un côté, les collines de sel : des tas blancs de deux à trois mètres, alignés le long du rivage, que les femmes montent bassine après bassine depuis les pirogues. De l'autre, une rangée de campements et de restaurants, quelques boutiques d'artisanat, et les loueurs de quads qui attendent les visiteurs de la journée.
Le travail commence tôt. Les récolteurs entrent dans l'eau vers huit heures, le corps enduit de beurre de karité contre la brûlure du sel, et cassent la croûte au fond avec une barre de fer avant de remonter le sel à la main dans des pirogues à fond plat. Une journée de récolte, c'est une tonne pour un homme et beaucoup de dos cassés à quarante ans ; le sel part ensuite vers la Casamance et le Mali.
Vers onze heures arrivent les cars et les 4x4 de Dakar ; vers seize heures ils repartent. C'est la vraie raison de dormir sur place : entre dix-sept heures et neuf heures, il ne reste que le sel, les oiseaux, les chiens des campements et une lumière rasante qui rend l'eau plus rose que n'importe quelle photo de midi.
De l'autre côté du cordon de dunes, à deux kilomètres, il y a l'océan et une plage immense et vide, que l'on rejoint à pied dans le sable en une demi-heure, ou en quad en dix minutes.
Les campements de la rive se ressemblent : bâtiments bas, cour de sable, manguier, six à quinze chambres, un générateur pour les coupures et un forage pour l'eau douce — que l'on économise, car elle est comptée ici. On y dîne de ce que la maison a cuisiné, à une heure convenue, comme chez l'habitant. Et l'on achète le sel directement aux femmes qui l'ont porté, en sachet, pour quelques centaines de francs. Le soir, il n'y a pas d'éclairage public entre les campements : la lampe de téléphone suffit, mais il faut y penser.
Comment s'y rendre
Depuis Dakar centre : 35 km, 1 h à 1 h 15 par Rufisque, Keur Massar et Niaga, avec cinq derniers kilomètres de piste sableuse — praticable en berline en saison sèche, hasardeuse après la pluie. Depuis l'AIBD : 55 km, 50 min à 1 h par l'autoroute puis Sangalkam, sans traverser Dakar. Aucun transport en commun ne dessert directement la rive : comptez un taxi à la journée depuis Dakar (25 000 à 40 000 F, attente comprise) ou un transfert organisé par votre hôte. Sur place, on marche, ou l'on prend un quad pour rejoindre l'océan et les villages de dunes.
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