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Lac Rose

Une lagune de sel derrière les dunes, où l'on récolte à la barre de fer — rose quand la saison sèche et le soleil s'y mettent.

Bon pour
  • Nature
  • Famille

Le lac Retba, que tout le monde appelle le lac Rose, est une lagune salée de trois kilomètres carrés séparée de l'Atlantique par un cordon de dunes et de filaos. Sa salinité, plus forte que celle de la mer Morte à certains endroits, y fait proliférer une micro-algue qui rougit l'eau quand le soleil est haut et que le niveau est bas : la couleur va du lilas au rose framboise en saison sèche, et disparaît quand il a beaucoup plu — après les inondations de 2022, le lac est resté vert plusieurs mois. Qui vous promet du rose en août ne connaît pas le lac.

Le vrai spectacle est de toute façon le travail. Des centaines de récolteurs, souvent venus du Mali ou de Guinée, entrent dans l'eau jusqu'à la poitrine, le corps enduit de beurre de karité pour protéger la peau, et cassent la croûte de sel au fond avec une barre de fer. Ils remplissent des pirogues à plat ; les femmes vident les pirogues à la bassine, tête chargée, et empilent le sel en collines blanches sur la rive. Ces collines sèchent, puis partent en camion vers la Casamance et la sous-région.

Autour, il y a les dunes, la piste jusqu'à la mer que l'on fait en quad ou en 4x4, les villages de Niaga et de Déni, et la mémoire du Paris-Dakar, dont le lac fut l'arrivée jusqu'en 2007 — les vieux du coin racontent encore le bivouac.

C'est une excursion d'une journée depuis Dakar, mais dormir sur place a un avantage : à sept heures du matin, avant les cars, il n'y a que le sel, les oiseaux et le bruit des barres de fer.

Un mot sur la baignade, puisque tout le monde essaie : on flotte sans effort, comme dans toute eau très salée, mais on ne reste pas plus de dix minutes, le sel brûle la moindre coupure et les yeux, et il faut se rincer à l'eau douce en sortant. Les récolteurs, eux, y passent six heures par jour — d'où le beurre de karité. Sur la rive, on achète le sel en sachet directement aux femmes qui l'ont porté, pour quelques centaines de francs, et c'est le souvenir le plus honnête que l'on puisse rapporter d'ici.

Comment s'y rendre

Depuis Dakar centre : 35 km, 1 h à 1 h 15 par la route de Rufisque puis Keur Massar et Niaga — les cinq derniers kilomètres sont une piste sableuse, praticable en voiture normale en saison sèche, moins évidente après la pluie. Depuis l'AIBD : 55 km, 50 min à 1 h par l'autoroute puis Sangalkam, sans traverser Dakar. Pas de transport en commun direct utile : un taxi à la journée depuis Dakar se négocie entre 25 000 et 40 000 F, attente comprise. Sur place, les pistes vers la mer et les villages se font en quad, en 4x4 ou à pied dans le sable.

Moments à venir

  • Décembre : le mois où tout le monde rentre

    Du 1 décembre au 31 décembre 2026

    En décembre, le Sénégal change de composition. Les vols de Paris, Milan, Madrid, New York et Casablanca arrivent pleins, les familles vont chercher les leurs à l'AIBD à trois heures du matin, et les maisons se remplissent de valises de cadeaux. C'est le mois des mariages — il s'en célèbre plus en décembre qu'en six mois ordinaires — des baptêmes reportés jusqu'au retour de l'oncle de Milan, des inaugurations de maisons construites à distance pendant cinq ans, et des retrouvailles qu'on prépare depuis l'été.

    Concrètement, cela veut dire trois choses. Les prix des billets d'avion doublent à partir de la mi-décembre. Les chambres se réservent tôt, surtout à Dakar, à Saly et dans les villes d'origine des familles. Et les routes sont chargées les week-ends, en particulier les axes Dakar-Touba, Dakar-Kaolack et Dakar-Saint-Louis.

    C'est aussi le meilleur moment de l'année pour être ici. Le temps est sec, il fait vingt-cinq degrés, la mer est encore bonne, et les soirées de tam-tam dans les cours ne s'arrêtent jamais avant deux heures du matin. Si vous logez quelqu'un qui rentre — une mère, un frère, des cousins de passage — c'est le mois où l'on n'oublie pas le nombre de lits.

  • Tabaski : le mouton, la famille, la route

    Du 15 mai au 18 mai 2027

    La Tabaski — l'Aïd el-Kébir — tombe le 10 du mois de Dhoul-Hijja, soit autour du dimanche 16 mai 2027. Au Sénégal, la date exacte est annoncée quelques jours avant par les autorités religieuses, et il arrive que le pays célèbre sur deux jours : cela s'est encore produit ces dernières années, et personne n'en fait un drame.

    C'est la fête la plus importante de l'année. Chaque chef de famille qui le peut achète un mouton — les prix montent depuis des semaines, les points de vente s'installent sur les terrains vagues de Dakar, et la conversation nationale porte sur le cours du bélier. La veille, les tailleurs livrent en catastrophe les tenues cousues au marché HLM. Le jour même : prière du matin en plein air, sacrifice, découpe, grillades toute la journée, visites aux voisins et aux aînés, et la formule que l'on répète de maison en maison pour demander pardon.

    Pour un voyageur : les transports sont pris d'assaut trois jours avant — tout le monde rentre au village — les banques et les administrations ferment, beaucoup de restaurants aussi, et les taxis sont rares le matin de la fête. En revanche, si vous êtes hébergé chez quelqu'un, vous mangerez comme jamais.

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